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Pourquoi L’Enfant de la Foudre sera le premier livre des Éditions L’Ancrage

Commencer un catalogue, c’est déjà dire ce que l’on veut transmettre

Il y a un moment particulier dans la vie d’une maison d’édition.

Celui où les projets, les intentions, les manuscrits, les corrections et les heures de travail cessent d’être seulement des promesses.

Un livre existe.

Il est terminé.

Il possède un titre, une couverture, des pages que l’on peut enfin cesser de reprendre.

Et bientôt, il appartiendra aussi à ses lecteurs.

Pour les Éditions L’Ancrage, ce premier livre sera :

L’Enfant de la Foudre

Premier tome de la saga Les Veilleurs du Souffle.

Ce choix n’est pas seulement celui du premier manuscrit arrivé au terme de son parcours.

Il dit quelque chose de la maison d’édition que nous voulons construire.

Car un premier livre n’est jamais tout à fait un livre comme les autres.

Il ouvre un catalogue.

Et, d’une certaine manière, il indique déjà une direction.

Une histoire avant une explication

L’Enfant de la Foudre est d’abord un roman.

Une vallée.

Un village.

Des familles.

Des naissances.

Des rivalités.

Des peurs.

Des croyances.

Des blessures.

Et une jeune femme appelée Mei.

Elle soigne comme on lui a appris à soigner.

Avec les plantes.

Avec ses mains.

Avec les gestes transmis par sa mère.

Avec ce que l’expérience de ceux qui l’ont précédée a laissé derrière elle.

Mais Mei possède également une disposition qui va peu à peu bouleverser sa manière de regarder le monde.

Elle observe.

Elle remarque ce que les autres finissent parfois par ne plus voir.

Elle rapproche des événements qui semblent n’avoir aucun lien.

Elle doute des explications trop rapides.

Et lorsqu’elle ne comprend pas, elle ne cherche pas toujours immédiatement une réponse.

Elle regarde encore.

C’est là que commence l’histoire.

Pas avec une théorie.

Pas avec une carte déjà dessinée.

Pas avec un enseignement achevé.

Avec une question.

Et si le corps cachait des chemins que personne ne savait encore nommer ?

Au début du roman, Mei ne cherche pas à inventer une médecine.

Elle soigne.

Elle accompagne les femmes qui accouchent.

Elle prépare des plantes.

Elle examine une blessure.

Elle écoute une respiration.

Elle observe une douleur.

Puis certaines choses commencent à ne plus correspondre aux explications habituelles.

Une sensation se déplace.

Une pression provoque une réaction ailleurs.

Une douleur semble répondre à un endroit qui n’est pas celui où elle se manifeste.

Et Mei commence à conserver des traces.

Quelques marques sur une lamelle de bois.

Des points.

Des lignes hésitantes.

Des souvenirs qu’elle ne veut plus laisser uniquement dans sa tête.

Puis vient l’orage.

Un homme est frappé par la foudre.

Il survit.

Mais quelque chose a changé.

Une ancienne douleur disparaît.

D’autres sensations apparaissent.

Et ce qui aurait pu être considéré comme une simple étrangeté devient progressivement une question impossible à ignorer.

Et si certaines parties du corps répondaient à d’autres ?

À partir de cet instant, le roman pourrait choisir la facilité.

Faire de Mei une visionnaire.

Lui donner immédiatement raison.

Transformer chaque observation en découverte.

Nous avons voulu prendre le chemin inverse.

Parce que découvrir quelque chose ne signifie pas encore l’avoir compris.

Observer avant de conclure

L’un des fils essentiels de L’Enfant de la Foudre tient dans cette attitude.

Ne pas conclure trop vite.

Une amélioration ne constitue pas nécessairement une preuve.

Une coïncidence peut rester une coïncidence.

Un geste qui fonctionne une fois ne devient pas automatiquement une règle.

Et l’envie de croire peut parfois être aussi dangereuse que le refus de regarder.

Mei va donc devoir apprendre quelque chose de plus difficile que la découverte elle-même :

douter de ce qu’elle croit avoir découvert.

Recommencer.

Comparer.

Se tromper.

Accepter l’incertitude.

Observer la personne avant de défendre l’idée.

Cette tension est au cœur du roman.

Elle est aussi au cœur de ce que nous voulons transmettre avec cette saga.

Car les grands savoirs que nous recevons aujourd’hui donnent souvent l’impression d’avoir toujours existé sous une forme organisée.

Les mots sont là.

Les classifications sont là.

Les cartes sont là.

Les systèmes sont là.

Mais avant les systèmes, il y eut nécessairement des expériences humaines.

Des essais.

Des erreurs.

Des intuitions.

Des observations contradictoires.

Des gestes dont quelqu’un choisit de se souvenir.

Quand le savoir devient une responsabilité

Mais une autre question apparaît bientôt.

Que faire de ce que l’on découvre ?

Nous avons tendance à associer spontanément le savoir au progrès.

Savoir davantage permettrait nécessairement de mieux faire.

Transmettre serait toujours préférable à garder.

Mais L’Enfant de la Foudre interroge cette évidence.

Car un savoir capable de soulager peut également devenir un pouvoir.

Il peut être mal compris.

Exagéré.

Détourné.

Utilisé sans prudence.

Transformé en certitude par ceux qui n’ont pas assisté aux hésitations qui l’ont fait naître.

Alors une nouvelle responsabilité apparaît.

Il ne suffit plus de savoir.

Il faut aussi savoir comment transmettre.

Que faut-il montrer ?

Que faut-il accompagner d’une mise en garde ?

Comment transmettre une observation sans effacer le doute qui l’entourait ?

Comment éviter qu’une expérience devienne une vérité simplement parce qu’elle a été racontée suffisamment longtemps ?

Ces questions vont progressivement dépasser Mei.

Elles seront au cœur de la naissance des Veilleurs du Souffle.

Les Veilleurs ne sont pas seulement des gardiens

Le mot pourrait prêter à confusion.

Un veilleur pourrait être celui qui garde.

Celui qui protège quelque chose des regards.

Celui qui conserve un secret.

Mais la saga repose sur une tension plus profonde.

Protéger peut parfois signifier cacher.

Et cacher trop longtemps peut aussi signifier laisser mourir.

Alors que faut-il faire d’un savoir fragile ?

Le préserver ?

Le transmettre ?

Le transformer pour qu’il puisse survivre ?

Les générations qui suivront Mei devront sans cesse revenir à cette question.

À travers les familles.

Les guerres.

Les déplacements.

Les écoles.

Les pouvoirs.

Les maîtres.

Les disciples.

Les livres.

Les Veilleurs du Souffle raconteront donc autant l’histoire de ceux qui transmettent que celle de ce qu’ils transmettent.

Une autre histoire se glisse entre les chapitres

Les lecteurs découvriront également, dès les premières pages, une particularité de la saga.

Chaque chapitre s’ouvre sur quelques vers appelés Xī Yǔ — 息语, les « Paroles du Souffle ».

Ils ne sont ni des citations de textes anciens, ni la traduction d’une tradition historique.

Ils appartiennent à l’univers littéraire des Veilleurs du Souffle.

Quelques mots.

Une image.

Un mouvement.

Puis un silence.

Ils ne donnent jamais la clé du chapitre.

Ils en ouvrent simplement le seuil.

Et, peu à peu, ces fragments formeront eux aussi une mémoire.

Comme si une autre histoire accompagnait discrètement celle que nous lisons.

Une histoire faite de traces.

Pourquoi commencer les Éditions L’Ancrage par ce livre ?

Parce que ce roman porte plusieurs des questions qui ont donné naissance à notre projet éditorial.

Que faisons-nous de ce que nous recevons ?

Comment préserver sans figer ?

Comment transmettre sans posséder ?

Comment garder la mémoire sans empêcher le vivant de continuer à se transformer ?

Ces questions dépassent largement l’univers de la médecine ou du soin.

Elles concernent les familles.

Les métiers.

Les cultures.

Les traditions.

Les livres.

Nos propres histoires.

Tout ce que quelqu’un nous confie un jour et dont nous devenons, pour un temps, les dépositaires.

C’est probablement pour cette raison que L’Enfant de la Foudre devait être notre premier livre.

Parce qu’il raconte une naissance.

La naissance d’une question.

La naissance d’une manière de regarder.

La naissance d’une transmission.

Et parce qu’au moment même où les Éditions L’Ancrage commencent leur propre chemin, il nous semblait juste de commencer par une histoire consacrée à ceux qui se demandent comment faire vivre ce qu’ils ont reçu.

Avant les Veilleurs, il y eut Mei

Dans le roman, plusieurs millénaires séparent les premières observations de Mei de ceux qui tenteront un jour d’en rassembler les traces.

Entre les deux, il y aura des oublis.

Des erreurs.

Des pertes.

Des transformations.

Des hommes et des femmes dont certains noms disparaîtront.

Mais quelque chose continuera à passer.

D’une main à une autre.

D’une mémoire à une autre.

D’une génération à une autre.

C’est peut-être cela, finalement, que raconte L’Enfant de la Foudre.

Pas la naissance miraculeuse d’un savoir.

Mais la naissance beaucoup plus fragile d’une volonté :

ne pas laisser disparaître ce que l’on a appris à regarder.

L’Enfant de la Foudre

Les Veilleurs du Souffle — Tome I

Stéphane J. Bourguignon

À paraître le 24 septembre 2026
aux Éditions L’Ancrage

Prix public : 19,90 €

Le corps parle.
Nous avons simplement oublié sa langue.

Éditions L’Ancrage — Habiter le geste.

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